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 when you intend stay between us and you really earned it~

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Tobias Thacker

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MessageSujet: when you intend stay between us and you really earned it~    Ven 29 Nov - 4:50

when you intend stay between us and you really earned it

Les jours passaient et l’échéance approchait à grand pas. Il le savait. Il avait connaissance de cette fatalité qu’ils avaient tous décidé d’offrir à cette brave bête. Cette solution était certainement la plus simple et la plus facile qu’ils avaient trouvé. Sûrement parce qu’ils n’avaient pas pris le problème du bon bout. Sûrement parce qu’ils avaient voulu aller plus vite que la musique. Nul ne pouvait ignorait l’histoire de ce cheval. Pourtant Tobias s’était promis de ne pas se mêler à toute cette fâcheuse histoire. Sûrement parce que tout ceci ne le regardait, et qu’on ne lui avait, en aucun cas, demandé son avis sur ce qu’il pensait de la situation dans laquelle Burton se trouvait à l’heure actuelle. Il se l’était promis. Et pourtant, il y a quelques semaines, on lui avait demandé son aide. Une requête indirecte. Personne n’était venue jusqu’à lui et ne lui avait demandé de l’aider de sortir ce cheval de sa fatalité future. Il avait été quelque peu surpris quand Earnie lui avait fait cette demande subtile. Certainement parce qu’il ne s’attendait pas à ce qu’elle daigne vouloir tirer d’affaire ce cheval. Son cheval, parait-il. Il avait connu beaucoup plus attentionné comme cavalier. Clairement s’il avait accepté, ce n’était pas pour elle et son joli minois. Ce serait mal connaitre Tobias que de prétendre ceci. Le jeune homme se trouvait stationnait devant le box de l’animal. Il l’observa attentivement, avant d’entrer dans l’antre de Burton. Il vint à flatter son encolure, d’une caresse qui se voulait rassurante. « Tu as intérêt à être coopératif aujourd’hui, p’tit bonhomme. » souffla-t-il. Coopératif. Il ne pouvait pas dire que ces précédentes séances avec Burton et Earnie avaient été fructueuses. Elles avaient été un semblant d’accumulation d’échecs et pourtant, malgré cela, il ne voulait pas baisser les bras. Pour lui. Pour ce cheval. Tobby ignorait si aujourd’hui Earnie viendrait. Il nageait dans l’ignorance totale avec cette jeune femme. Il en profita alors de préparer le cheval pour leur séance quasi-hebdomadaire. Il faisait des heures supplémentaires afin de s’occuper – comme il se doit – de ce cheval. Passer plus de temps dans ce ranch. Cela ne le dérangeait pas tant que cela. Après tout, il baignait là dans son milieu. Dans ce qu’il aimait par-dessus tout. Tobias était cet homme volontaire et investi pour son travail. Peut-être un peu trop même. Qu’importe. Un jour peut-être ne serait-il plus qu’un simple et modeste employé. Il n’avait jamais rêvé d’une promotion ou de quelque-chose du genre. Songeur, il rêverait bien lui aussi de posséder son ranch. Un ranch rien qu’à lui. Cela faisait partie de ces rêves qu’il ne cessait de refouler un peu plus chaque jour. Après quelques allers et retours entre la sellerie et l’antre intime de Burton, il avait terminé de le panser et l’avait ainsi préparé. Il l’avait simplement harnaché d’une bride. Il avait pris le parti pris de ne pas encombrer le cheval d’artifices lourds à porter. Des pas faussement déterminés retentirent dans l’allée de l’écurie. Tobias n’y prêta guère d’attention, à tort. La silhouette d’Earnie apparut alors dans son champ de vision. Il lui lança un bref regard. « Je te laisse l’emmener à la carrière. » énonça-t-il brièvement. Il pointa à l’aide du menton Burton, fin prêt pour sa séance. Il est vrai que l’on pourrait imaginer bien plus sympathique comme prémisse. Comme un simple « bonjour » par exemple, ou bien un « alors comment vas-tu, aujourd’hui ? ». Il ne voyait pas la nécessité d’accorder un brin de sympathie à cette jeune femme. Avis personnel. Tandis qu’elle s’affairait à faire ce qu’il lui avait dit, le jeune homme en profita pour s’éclipser un instant. Il n’avait pas décidé de prendre ses jambes à son cou et de l’abandonner… enfin de les abandonner. Il revint quelques minutes plus tard avec une longue longe au bout de son bras. « Hum, tiens prends ça. » souffla-t-il brièvement en lui tendant l’objet. Il ne lui dit rien de plus. Il s’écarta alors, venant à s’asseoir sur la barrière. Maintenant, tout allait se passer entre Earnie et Burton. Il n’avait aucun intérêt d’intervenir pour le moment. Evidemment si la situation semblerait dépasser la jeune femme, il se permettra d’intervenir et de reprendre les choses en main (ou tout du moins d’essayer). « Fais-le marcher au pas pour le moment. Il est important que vous repreniez confiances. » lança-t-il. Sur ce bref conseil, il se contenta alors d’observer la scène qui se déroulait sous ses yeux.

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Earnie Varley

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MessageSujet: Re: when you intend stay between us and you really earned it~    Ven 29 Nov - 12:31

Il fallait bien qu’elle le reconnaisse, Earnie n’avait pas eu très envie de se rendre au ranch ce jour-là. Il y avait quelque chose de désespérément déprimant à pénétrer dans une bâtisse où seuls la culpabilité, le malaise et l’hostilité l’accueillaient. Depuis quelques jours déjà elle n’interagissait plus avec son oncle qu’à travers des regards noirs et des remarques cinglantes signalant son ressentiment à l’égard de cet homme qui refusait d’écouter ses supplications de gamine capricieuse qui veut garder son poney. Les autres employés eux-mêmes semblaient l’éviter, comme si son effort de fréquenter à nouveau un lieu aussi néfaste pour son moral était malvenu. Et Tobias… Tobias était Tobias. Condescendant, froid et distant envers elle, comme si le remords ne la rongeait pas suffisamment comme ça. Oh, bien sûr, il ne disait rien. Tobias ne disait jamais rien. Mais il pensait. Il la jugeait, la jaugeait, et chaque seconde de ses silences prolongés la plongeait dans un état d’agitation qu’elle s’efforçait chaque jour un peu plus de réprimer. En vain.  Alors elle n’avait pas eu très envie de se rend au ranch ce jour-là. Aucun résultat concluant ne s’était manifesté jusqu’ici, que cela soit avec son oncle, avec Tobias, ou avec le mastodonte qui avait réduit en bouillie sa jambe et sa confiance. Non pas qu’elle ait réellement espéré obtenir la moindre amélioration, mais elle n’avait déjà plus très envie de se battre pour toutes ces causes perdues. Et pourtant, pourtant, après avoir passé sa journée à vendre du pain à des clients au moins aussi malgracieux qu’elle, elle rentra chez elle, se changea, et se fit déposer par son père au ranch, sans se départir néanmoins de sa mine renfrognée.
Lorsqu’elle atteignit le box de Burton, le même accueil chaleureux que d’habitude l’attendait. Elle tenta de ne pas s’en formaliser, sachant que Tobias était de toute façon une impitoyable petite chose pleine de dédain, mais ce climat glacial allait finir par la braquer complètement, elle le savait, et toute cette affaire se solderait par un échec cuisant, la mort d’un cheval, et probablement quelques gifles assénées à cet individu trop flegmatique pour son propre bien. Mais elle décida d’obtempérer sans broncher lorsqu’il lui enjoignit d’aller dans la carrière. Si elle avait fait appel à lui, ce n’était pas pour rien. Il pouvait l’aider, elle le savait. Si ce n’était par sa personnalité joviale et rassurante, cela serait au moins par ses connaissances. Elle savait qu’elle avait beaucoup à apprendre de lui, même si l’admettre la rendait amère. Encore fallait-il qu’il se décide à lui apprendre quoi que ce soit… Elle s’approcha de Burton, le fixant pendant quelques longues secondes avant d’effleurer son chanfrein du bout des doigts et de dégager quelques crins de son toupet qui étaient pris dans le frontal. La bête ne broncha pas elle s’en sentit relativement soulagée, ce qui la décida à escorter Burton hors de l’écurie et jusqu’à la carrière. Tobias ne suivit pas. Tant mieux. Elle sentit ses muscles se détendre, sa démarche s’alléger et ses mouvements se fluidifier, comme si le fait de ne plus être en sa présence l’avait débarrassée d’un poids qui la rendait médiocre et impotente. Elle s’arrêta au milieu de la carrière, aux côtés d’un Burton qui semblait tout aussi agité qu’elle à l’idée de se retrouver dans cet enclos maudit, mais ni l’un ni l’autre ne broncha tandis qu’ils attendirent docilement le retour de la seule créature visiblement saine d’esprit dans ce ranch. « Hum, tiens prends ça, » lui lâcha-t-il à son retour, et elle prit la longe qu’il lui tendit toujours sans prononcer un mot et la fixa au harnachement sans accorder un regard à son moniteur de fortune. Cette atmosphère polaire la mettait hors d’elle mais elle ne serait pas celle qui briserait la glace et mettrait les points sur les i. Non, certainement pas. Elle obéirait, se plierait à ses directives et sauverait Burton, mais elle ne s’abaisserait pas à quémander son affection. « Fais-le marcher au pas pour le moment. Il est important que vous repreniez confiances. » Elle se retint de lui signaler qu’il faudrait bien plus que quelques tours de carrière au pas pour rétablir un semblant de confiance, car elle se doutait qu’il ne prendrait pas nécessairement très bien une telle remarque et elle n’avait de toute manière pas envie de perdre son temps avec lui. C’était de Burton dont il s’agissait, pas de cet ours renfrogné. Elle guida son ex-monture jusqu’à la piste et marcha à ses côtés pendant quelques instants, redoutant le moment où il lui faudrait prendre ses distances et retourner sous le regard critique de Tobias. Après quelques longs mètres passés près de l’animal, elle commença à s’éloigner pour allonger la distance entre eux et finit par l’installer en cercle. Et le calvaire commença alors pour elle. Et, chose surprenante, ce n’était pas Burton qui était à l’origine de ce calvaire, mais bien la silhouette qui se tenait sur la barrière comme le maître du monde tandis qu’elle s’évertuait à faire tout ce que l’on est censé faire quand on longe un cheval - et il fallait bien admettre qu’elle n’avait pas longé très souvent dans sa vie, hormis au cours des brèves séances précédentes avec Burton qui n’avaient été que de vulgaires échecs. Alors, soudain excédée par tout ce silence et cette condescendance suintante et son incapacité à rétablir le lien avec qui que ce soit, elle brisa son mutisme obstiné. « Tu comptes continuer à me juger en silence du haut de ton perchoir pendant encore longtemps ? Histoire que je sache s’il faut en plus que j’apprenne à Burton à parler pour me tenir compagnie. » Elle était un peu surprise par son ton tranchant, mais encore plus par le fait qu’elle projetait aussi ouvertement toute sa frustration sur un crétin qui se fichait éperdument de ses états d’âme. Il lui apparut alors plus clairement que jamais que toute leur belle entreprise était bel et bien vouée à l’échec.

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MessageSujet: Re: when you intend stay between us and you really earned it~    Dim 1 Déc - 13:22

Le jeune homme était connu pour avoir bien plus d’entrain qu’il ne présentait à ce moment précis. Il ne pouvait pas nier qu’il aurait préféré une autre compagnie. Non pas qu’il soit un homme exigeant et sourcilleux. Bien au contraire, il était du genre modeste et discret. Il était doté d’un certain potentiel sympathique que l’on ne pouvait pas lui reprocher. Enfin n’allez pas imaginer qu’il était le genre d’individus à apprécier tout le monde. Apprécier tout le monde impliquait que l’on pouvait alors aimer n’importe qui. Tobias restait sur ses gardes concernant certaines personnes. Certains individus. Certaines âmes qu’il jugeait d’amères. Assis sur cette barrière, Tobias porta son attention sur le cheval qui marchait à petit pas en rond. Passant alors de temps en temps devant lui. Il ne s’attarda guère sur la jeune femme qui se trouvait au plein centre de cette scène. Scène qu’il trouvait bien plus ridicule que touchante, à vrai dire. Un fin rictus se dessina sur les lèvres du jeune homme qui n’était pourtant pas de nature moqueuse. Mais il ne pouvait pas cacher le côté le pittoresque et grotesque de la scène qui se dessinait sous ses yeux. Silencieux, il ne lui fit part d’aucun de ses conseils. Ou plutôt de ses commentaires. Il préféra se taire et observer. La voix de la jeune femme s’éleva dans ce paysage automnal. L’ennui teinta ses dires. Une esquisse se dessina timidement sur les lèvres de Thacker. « Tu peux toujours tenter. Qui sait, tes essais se montreront peut-être bien plus concluants qu’à l’heure actuelle. » souffla-t-il au sujet de cette apprentissage du langage orale à l’équidé. Aucune ironie dans le son de sa voix, aucune satire. Il disait « juste cela comme ça » comme on aime souvent le dire. Il s’était contenté de lui faire comprendre que si elle avait envie de parler à Burton, personne ne l’empêchait. Il se pinça les lèvres, réfléchissant un instant. « Quant à mes jugements, je doute vraiment que tu veuilles les entendre vois-tu. » siffla-t-il. Sur ces quelques mots, il passa sa main dans ses cheveux et puis descendit dudit perchoir. A vrai dire, si le cœur lui disait, il aurait très bien pu rester là où il était. Il était d’ailleurs très bien là-haut à les observer. Clairement, les quelques mots que l’homme pourrait lui adresser, dans l’optique d’un commentaire sur cette petite mise-en-bouche (introduction… ou que sais-je encore, à vrai dire donnez le nom qui vous plait à cette scène), ne plairait pas à la jeune femme. Il n’avait pas spécialement envie de se montrer blessant. La situation entre les deux jeunes gens n’était déjà pas au beau fixe. Autant éviter que la demoiselle ne sorte subitement une hache de sa veste. Il ne savait jamais à quoi s’attendre avec elle. Il ne savait jamais sur quel pied danser – il n’avait d’ailleurs aucun talent de danseur. Les femmes étaient les pires espèces, les plus violentes lorsqu’elles étaient blessées au plus profond de l’être. Autant éviter d’éveiller l’âme violente et sauvageonne d’Earnie. Il fit alors quelques pas. La rejoignant au centre de ce cercle majestueusement dessiné par Burton. Il pouvait passer des heures à regarder ce cheval. C’était d’ailleurs devenu, ces derniers temps, l’un de ses passe-temps au ranch lorsqu’il n’avait plus rien à y faire. « Tu es novice, je me trompe ? » lui fit-il remarquer, en la détaillant quelques instants. « Tu n’as pas besoin de me répondre… » rétorqua-t-il alors. Nul besoin de réponse. Il avait bien remarqué que l’exercice semblait quelque peu superficiel pour la jeune femme. Elle n’était pas à l’aise dans ce central. Il ne fallait pas être psychologue – ou autres charlatans qui se disent comprendre les comportements humains – pour le remarquer. Il posa ses prunelles sur la main de la jeune femme qui tenait la longe. Il suivit du regard le chemin de cette longue corde, s’attardant un bref instant sur le mort qui tirait quelque peu sur la bouche de Burton. Il se plaça légèrement derrière la jeune femme, sans un mot. Sa main vint alors se poser sur celle d’Earnie qui tenait fermement la longe entre ses petits doigts. Sa main chaude recouvrit ses phalanges. Tel un marionnettiste, il modela la main de la jeune femme comme bon lui semblait. «Voilà. Comme ça… » souffla-t-il dans un petit murmure. Il baissa légèrement la tête, détaillant un bref instant les pupilles azurées de la jeune femme. « …N’aies pas la main trop ferme. Aies au moins la décence d’être douce avec lui. ». Aucun message subtil à l’attention de la jeune femme. Il lui donna juste quelques conseils. Sur ces quelques mots, il enleva sa main. Il redressa la tête, observant alors le cheval qui continuait d’évoluer dans la carrière. Il garda, pendant un moment, la main de la jeune femme dans son champ de mire.

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Earnie Varley

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MessageSujet: Re: when you intend stay between us and you really earned it~    Mar 3 Déc - 13:37

C’était une calamité. Entre Burton qui refusait ne serait-ce que de s’incurver imperceptiblement, la tension qui rongeait son corps tout entier et l’indifférence feinte de Tobias, Earnie avait l’impression qu’elle allait imploser. Ou exploser. Dans tous les cas, les choses risquaient de dégénérer et ça n’allait pas être beau à voir. Et voilà que par dessus le marché, ce petit insolent se mettait à la provoquer et à ridiculiser ses - certes piètres - efforts. Elle ne saisissait pas tellement l’intérêt de perdre ainsi son temps. Elle avait imaginé quelque chose d’un peu plus reluisant lorsqu’elle s’était résignée à demander son aide à Tobias Thacker le Taciturne. Elle avait espéré qu’il daigne laisser tomber sa condescendance et lui transmettre un peu de son savoir en constatant qu’elle était tout de même prête à faire des concessions de son côté. Mais non, voilà qu’il la ridiculisait à demi-mot parce qu’elle n’avait que de très maigres rudiments en matière de travail en longe. Elle était persuadée qu’il resterait dans son coin à la rabrouer de loin pendant tout le reste de la séance, et fut donc stupéfaite de remarquer sa présence à ses côtés alors qu’elle s’apprêtait à maugréer dans sa barbe quelques paroles désobligeantes. « Tu es novice, je me trompe ? » « Quel fin observateur, » ne put-elle s’empêcher de persifler avec agacement bien qu’il lui ait indiqué ne pas attendre de réponse de sa part. Ils fonçaient droit dans le mur, tous les deux, à être incapables de se supporter mais à refuser de se lancer dans une véritable confrontation. Il s’en fichait, lui, ce n’était pas la vie de son cheval qui était en jeu. Ce n’était pas son estime personnelle à lui qui avait été bafouée, morcelée et piétinée. Ce n’était pas lui qui ne pouvait plus se regarder dans un miroir sans avoir envie de se mettre des gifles. Non, tout ça c’était son problème à elle. Elle avait tout à perdre, il n’avait rien à gagner. Comment équilibrer une telle équation ? Elle s’apprêtait à le lui dire, tout ça, à lui balancer à la figure toute l’injustice qui l’accablait, à faire disparaitre de son visage ce sale petit sourire affecté qui lui bousillait le moral, à lui tendre la longe et à lui dire de le faire lui, s’il était si fort que ça. Mais elle n’en eut pas le temps car il l’interrompit en plein élan, s’emparant de sa main pour en guider le mouvement avec davantage d’aisance. Elle s’en retrouva sans voix, incapable d’articuler le moindre son cohérent tant elle était surprise de le voir enfin faire quelque chose de constructif. Cela ne la détendit pas pour autant, bien au contraire, car tout contact physique avec cet homme avait le don de la crisper. Mais elle déploya quelques efforts colossaux pour ne pas s’écarter de lui et par là-même foutre à la poubelle le maigre progrès qui venait de surgir de Dieu sait où, et s’appliqua à relâcher légèrement son étreinte sur la longe pour la manoeuvrer avec davantage de douceur. Cela sembla satisfaire Tobias qui, après avoir brièvement croisé son regard, se détacha d’elle presque aussitôt. Se sentant à la fois ragaillardie et paradoxalement esseulée par cette soudaine absence de contact, elle fit jouer ses doigts pour relâcher toute pression sur le mors et fut ébahie de voir Burton se détendre sensiblement. Trop obstinée pour reconnaitre ses torts, cependant, elle ne fit aucun commentaire sur l’efficacité de cette simple intervention et préféra se murer à nouveau derrière son animosité. « Voilà, merci pour ta contribution, tu peux retourner te foutre de moi sur ta barrière. » Sur ces paroles, elle décida de l’ignorer à nouveau et laissa couler entre ses doigts davantage de longe pour augmenter la distance la séparant du cheval, tout en entreprenant de reculer de quelques pas pour maintenir un minimum de tension sur la corde. Elle recula d’un pas, puis de deux, mais sa troisième enjambée fut interrompue lorsque son talon vint se prendre dans les pieds envahissants de Tobias qui n’avait manifestement pas suivi le mouvement. Elle trébucha,  sentit une légère douleur mordre son genou encore sensible, se raccrocha à la longe et observa avec désarroi l’agitation gagner à nouveau Burton. Super. Elle se redressa tout en massant sa rotule endolorie pour se donner une contenance avant de faire face au jeune homme pour la première fois de la séance. Et elle se dit que maintenant que la colère et la honte l’avaient complètement gagnée, il était grand temps d’ouvrir les vannes et de laisser déferler sur lui tout son courroux refoulé. « Voilà, merci, super. Donc si je récapitule Burton est de retour irascible, je me suis dégommé le genou, et rien ne s’est amélioré. Tu sers à quoi dans tout ça, Thacker ? Tu prétends être le grand sauveur mais t’as rien de plus que moi. » Elle lui fourra la longe dans les mains avec rudesse et mauvaise humeur avant de tourner les talons et s’éloigner en boitillant. « Je laisse tomber, t’as qu’à le sauver, toi, » lança-t-elle par dessus son épaule avant de poursuivre. « Tu me traites comme si Burton était le seul à avoir souffert, eh ben figure-toi que non. » Elle était bien consciente que niveau sortie théâtrale, on avait fait mieux qu’une petite chose clopinante et furibonde mais la frustration de voir que Tobias Thacker n’était absolument pas un remède à ses problèmes avait finalement pris le dessus.

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MessageSujet: Re: when you intend stay between us and you really earned it~    Jeu 5 Déc - 13:32

Il le savait. Il savait que s’il voulait atteindre son but – celui de venir en aide à Burton – Tobias devrait refouler ce désamour qu’il éprouve à l’égard de la jeune femme. S’il se trouvait, ce jour-là, dans cette carrière, ce n’était pas pour n’être qu’un simple figurant parmi tant d’autres. Non. Il n’était pas là en simple observateur. Il n’était pas seulement une paire d’yeux avides de curiosité contrairement à certains. Sa présence ici était justifiée. Il venait alors de lui prodiguer un simple conseil qui avait malgré tout son efficacité. Il l’avait sommé d’avoir la main beaucoup moins ferme avec Burton. Après lui avoir montré le geste, Earnie semblait avoir pris connaissance de ses quelques mots et les appliqua à la lettre. Nul besoin d’être fier de ce semblant d’effort (et d’efficacité). Il est clair qu’il aurait plus imaginé la jeune femme n’en faire qu’à sa tête. Sûrement par simple fierté personnelle. Il examina un bref instant cette main devenue, en une fraction de secondes, si douce. Il n’eut guère pu profiter de cette constatation. En effet, la voix de la jeune femme tonna dans les airs. Elle le remerciait de sa contribution. Il ne lui en demandait pas tant. Disant qu’il saurait se contenter de ce que la jeune femme lui offrirait. Il n’était pas ici pour sympathiser et apprivoiser cette féline endiablée, nul besoin de le rappeler. Elle ajouta quelques mots qui ne le surprirent pas (ou peu). Il pouvait, maintenant, retourner « se foutre » d’elle sur la barrière. Se foutre d’elle. C’était ainsi qu’elle le percevait. Comme un être teinté d’espièglerie, jouissant de chaque moment opportun pour se moquer de sa ‘victime’. Clairement elle se trompait d’oiseau. Tobias n’était pas moqueur. Son intérêt n’était pas de se moquer d’elle, bien que les critiques puissent fuser à l’égard de la brune. Qui dit critique ne dit pas forcément moquerie. Il se contenta alors de reculer, afin de ne pas gêner physiquement la jeune femme. En restant au centre, à ses côtés, il pouvait de cette façon intervenir bien plus facilement. Son attention quitta la jeune femme, venant alors à examiner avec attention les mouvements dessinés par le cheval. Il resta silencieux. Ne voulant pas briser ce bref instant teinté d’une sérénité venue d’un ailleurs bien lointain. Il était bien trop beau pour que cet état d’âme serein et tranquille ne perdure. La faute à la jeune femme. Encore et toujours, certainement. Les pieds de la brune vinrent rencontrer ceux que Tobias malgré eux. Cette malencontreuse rencontre entraîna une chute (comme n’importe quelle « rencontre », mais cette chute n’avait clairement rien d’une happy end). Dans un premier temps, il jeta un bref coup d’œil sur la jeune femme qui gémissait à même le sol. Il ne lui était rien arrivé de grave de toute façon. Il n’y avait pas mort d’homme. Il ne s’affola pas et tenta plutôt de récupérer la longe afin de garder plus ou moins le contrôle sur Burton qui était en liberté – il n’irait pas loin dans tous les cas, Tobias le savait. Mais il semblerait qu’Earnie soit bien plus rapide que lui. En effet, la jeune femme s’était redressée à vive allure. Tentant alors de reprendre les rênes de la situation. Elle le remercia une nouvelle fois. Quelle générosité (ironie). Il sourcilla légèrement, se frottant les mains. Un rictus amer étira légèrement les lèvres de Tobias qui resta silencieux, qui resta neutre. Il observa les quelques traits colériques peindre le beau visage de cette fille. « Je n’ai jamais prétendu être le Grand Sauveur. Tu t’es fourrée cette idée toute seule en tête. Jamais, je n’ai dit un tel propos. J’ai juste accepté de te prêter un coup de main, nuance. Toi seul à voulu m’attribuer le rôle du Grand Sauveur. » souffla-t-il brièvement. Pas une colère ne colora le son de sa voix. S’énerver ne servirait à rien dans tous les cas. Alors autant rester calme. Earnie vint alors loger la longe dans le creux de ses mains. Elle venait de lâchement abandonner. Elle laissait tomber, disait-elle. Il se pinça les lèvres, poussant un petit soupir. Il ramassa le surplus de longe et fit venir le cheval à sa hauteur. Evidemment, il n’avait pas prévu la perspective que la jeune femme déciderait de jeter si aisément l’éponge et de les lâcher à la première occasion venue. « Que veux-tu de plus, sérieux, Earnie ? » lui répondit-il. Selon elle, il la traitait comme si Burton était le seul à avoir souffert (à souffrir ?). Elle n’avait peut-être pas tort. Disons plutôt qu’il n’allait pas la plaindre. Non. « Oh. La compassion et la pitié des autres ne te rassasient plus assez, maintenant ? Tu as besoin des miennes maintenant ? C’est ça ce que tu attends de moi, Earnie ? Que je te plaigne ? Je me rabaisserais pas à ça. ». Tobias ne jouerait pas le gars ayant pitié du pauvre sort de cette nana. Il ne jouerait pas sur ce tableau-ci. Après tout, elle avait réussi à recueillir la compassion de tout le monde. La sienne devrait l’importuner. « Si tu tiens à lui comme tu oses me le prétendre, alors tu ne baisserais pas les bras au premier petit « obstacle. » lui fit-il remarquer de vive voix, comme pour l’arrêter dans sa fuite. Il savait qu’elle n’en ferait qu’à sa tête. Earnie était comme cela. Instable et sauvage. Indomptable et féline. « Tu sais, si on n’avance pas depuis des séances… c’est sûrement parce que le problème n’est pas Burton… » souffla-t-il, laissant sa voix en suspend.

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